L’affaire Freinet dans Wikipédia 1


Freinet Hors de l’école publique

L’affaire de Saint-Paul de 1932, va donner à Freinet, déjà connu internationalement en tant  que pédagogue, une notoriété nationale en un moment qui précède la crise de février 1934.

À Saint-Paul-de-Vence, Freinet est responsable d’une classe de 49 élèves qu’il instruit dans une école dont il se plaint de la vétusté et de l’exiguïté. Il sollicite l’ouverture d’une deuxième classe, espérant que le poste pourrait échoir à Élise. N’obtenant d’abord rien de son administration, et en butte à l’indifférence de la municipalité aux conditions d’hygiènes -qu’il fait constater par des médecins-, il prend appui sur son syndicat et obtient l’ouverture d’une deuxième classe de garçons dans son école. Élise obtient par ailleurs une mutation à Saint-Paul, mais pas dans la classe de garçons. Un différend l’oppose ensuite à son administration au sujet des modalités de transmission d’un rapport d’inspection concernant l’adjoint de Freinet. Menacé de mutation d’office, Freinet, sur les conseils de son syndicat, doit céder.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1932 une cinquantaine d’affiches, de deux types différents, sont apposées sur les remparts du village. Tandis que des affiches reprennent un récit de rêve composé par les enfants de la classe de Freinet, et qui peut passer, détourné de son contexte, comme une apologie du meurtre, l’autre modèle accuse l’instituteur de faire de ses élèves de futurs bolcheviques. Dans la foulée, la municipalité, d’obédience Union républicaine et démocratique, et une association d’anciens combattants introduit une plainte contre Freinet. Tandis que l’administration diligente une enquête, les tensions montent entre partisans et opposants de Freinet. Le 19 décembre le maire appelle à une grève scolaire. La presse locale d’abord, puis nationale – Maurras lui-même s’exprimera à ce sujet dans l’Action Française – se fait l’écho du conflit qui résonne jusque dans l’Assemblée8. Le préfet décide de déférer Freinet devant le Conseil Départemental de l’enseignement primaire, qui, le 28 janvier 1933, finit par le condamner à la Censure. Tandis que Freinet fait appel de cette décision auprès du Conseil d’État, parvient à l’Inspecteur d’académie une pétition, signée par des parents, qui reprochent à Freinet de faillir à son devoir de neutralité scolaire en faisant l’éloge de la révolution russe. Les lettres se multiplient, tant celles portant une opposition que celle exprimant un soutien. Freinet écrit au Ministre de l’Instruction Publique, Anatole de Monzie, une lettre dans laquelle il répond point par point aux reproches qui sont faits tant à lui personnellement qu’à l’éducation nouvelle en général. tandis que la grève scolaire continue, la réponse du ministre se fait attendre. Le 23 avril 1933, veille de la rentrée de Pâque, une foule se presse devant l’école; des violences sont commises ; Freinet, craignant pour la sécurité des enfants accueillis et la sienne exhibe un revolver. Après cet épisode, invité à accepter une mutation, Freinet ne concède que de se mettre en congé pour trois mois. Le 21 juin 1933, le Préfet avise Freinet de sa mutation d’office « dans l’intérêt de l’école laïque ». Refusant sa réaffectation au Bar-sur-Loup, Freinet fait demande un congé de longue durée, pour raison de maladie, qui est acceptée. Il se consacre à la CEL mais songe déjà à la création d’une école coopérative, indépendante du pouvoir politique et donc privée. Cette idée d’abord rejetée par les militants, qui craignent notamment les frais élevés de scolarité propres à cette forme juridique, finira par aboutir. Après avoir reconduit ses congés autant que possible, Freinet doit, d’après la loi, se mettre en retraite s’il veut pouvoir exercer dans une école privée  : c’est ce qu’il fait en 1935.

Source : Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet


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Commentaire sur “L’affaire Freinet dans Wikipédia

  • Nesler

    La République ne supporte pas les têtes bien faites, il lui suffit des têtes bien pleines dont la docilité panurgienne ne pose pas de problème au pouvoir de la bourgeoisie qui les exploite sans qu’elles ne rechignent.
    Ceux qui transgressent cet impératif sont concidérés comme « persona non grata ».
    j’en suis désolé depuis l’âge de trois ans et n’ai pas encore trouvé de parade à cette PER/VERSION.