Communiqué de soutien à Jean-François Chazerans, CNT FTE, le 30 mars 2015


CNT-FTEPrès d’un siècle plus tard, l’Éducation Nationale n’a pas changé.

Nous apprenons que Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor Hugo du centre ville de Poitiers, soupçonné injustement d’apologie de terrorisme, a été muté d’office dans les Deux-Sèvres, une sanction très lourde prise par le recteur alors que la justice  avait renoncé à toute poursuite après huit heures de garde à vue.

Nous dénonçons cette décision inique comme nous avions dénoncé la suspension de notre collègue, qui avait organisé des débats bienvenus et salvateurs avec ses élèves comme nous l’avons tous fait dans nos classes. Mais sa hiérarchie, en pleine unité nationale pour la liberté d’expression, n’a pas apprécié les discussions !

L’hypocrisie ministérielle va jusqu’à inscrire « la discussion à visée philosophique » dans ses projets de programmes en « Enseignement Moral et Civique » au cycle 3. Est-ce à dire une mise en danger de tous les PE, futures victimes en puissance de mutations disciplinaires ?

Au nom de la liberté d’expression, c’est la censure ; au nom de l’unité, c’est l’exclusion. Décidément, les mots et les belles idées peuvent parfois devenir hideux dès lors que l’administration s’en empare.

Nous apportons tout notre soutien à Jean-François Chazerans dont le traitement par l’administration  nous rappelle celui d’ un autre camarade, qui eut à souffrir la même sanction -la mutation d’office- pour avoir déplu à la bourgeoisie locale. A cent ans d’écart,  Jean-François Chazerans, comme Célestin Freinet, a eu le tort de pratiquer une éducation de classe, interrogeant avec ses élèves, pour de vrai, l’actualité. Par là-même,  il a mis en œuvre ce pourquoi Freinet fut muté d’office : l’exercice de la pensée critique dans le but d’une émancipation collective des élèves. L’administration ne le supporte toujours pas, pas plus que la bourgeoisie ne s’y trompe et voit là une menace.

Nous continuerons, avec Jean-François Chazerans, et tous les collègues qui n’ont pas choisi ce métier par hasard, à pratiquer une pédagogie nouvelle, de classe et d’émancipation, pour en finir avec les injustices sociales.

La CNT FTE, le 30 mars 2015

 

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