Sextus Empiricus, Vérité


Sextus Empiricus[I] Quand on mène une recherche sur un sujet déterminé, il s’ensuit apparemment soit qu’on fait une découverte, soit qu’on dénie avoir fait une découverte et qu’on reconnaît que la chose est insaisissable, soit qu’on continue la recherche. [2] C’est sans doute pourquoi en ce qui concerne les objets de recherche philosophique eux aussi, certains ont déclaré qu’ils avaient découvert le vrai, d’autres ont nié qu’il puisse être saisi, d’autres cherchent encore. [3] Ainsi pensent l’avoir trouvé ceux qu’on appelle dogmatiques, au sens propre, par exemple les partisans d’Aristote et d’Épicure, les stoïciens et quelques autres ; ont soutenu qu’il concerne les choses insaisissables les partisans de Clitomaque et de Carnéade et les autres académiciens; continuent de chercher les sceptiques. [4] A partir de cela on estime raisonnablement que les philosophies dominantes sont trois : dogmatique, académique, sceptique.

(Sextus Empiricus [200-250], Esquisses pyrrhoniennes, I, 1-4, traduction Pierre Pellegrin, Points-Seuil, p. 53)

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